Economie

Politique socio-économique de l’Etat: De 2005 à 2009 le taux de croissance du Bénin a évolué de 2,9% à 5%

Selon la communication du ministre d’Etat chargé du développement de la prospective, Pascal Irenée Koupaki, sur le bilan du gouvernement de 2006 à 2009 (3 ans de gestion), présentée le 30 mai 2009 à l’Université d’Abomey-Calavi et le 25 avril à Paris, la croissance du Bénin a été amorcée en 2006 par les nombreuses actions mises en œuvre.

Le Bénin d’avant 2006, le Bénin d’aujourd’hui et le Bénin de demain. Ce sont les grands axes de la communication de Pascal Koupaki qui a exposé avec détails à l’appui, les actions entreprises par le gouvernement béninois depuis avril 2006 pour redresser le pays tant sur le plan économique, social que culturel.
En avril 2006, alors qu’il s’installait, le gouvernement du président Boni Yayi avec une ambition : impulser le renouveau économique du Bénin. Parce que la situation socio-économique du pays était peu reluisante, selon le ministre Koukpaki: ralentissement de la croissance économique de 2001 à 2005 (respectivement de 6,2 à 2,9%) ; aggravation de la pauvreté qui a évolué de 28,5% en 2002 à 37, 4% en 2006 ; faiblesse du taux d’investissement (18,1%) et du taux d’investissement public (4,6%); prépondérance du secteur informel; insuffisance des infrastructures de développement économique, difficulté de trésorerie, disponibilité irrégulière des facteurs de production tels que l’énergie électrique ; accumulation d’importants arriérés de paiement intérieurs, etc. Selon le ministre Koukpaki, le Bénin était caractérisé par une économie de transit et de commerce, une économie faiblement productrice de richesse à grande échelle; une économie peu diversifiée avec u n taux de chômage élevé; une économie de rente, peu compétitive malgré les nombreux atouts.
Face à ce triste tableau, des défis s’imposaient au gouvernement, selon le ministre Koupaki : améliorer la compétitivité globale et sectorielle de l’économie pour stimuler la croissance ; partager la prospérité pour améliorer la qualité de vie de la population et éradiquer la pauvreté ; améliorer la gouvernance des affaires économique et administratives; relever le rôle des communes dans le développement à la base. Le diagnostic aussi clairement établis, il ne restait qu’à passer à l’action.

Plus de 500 milliards de FCFA investis pour une croissance de 5% en 2008
Selon le ministre, les actions engagées couvrent autant les domaines économique et budgétaire, social, infrastructurel, culturel, sécuritaire que diplomatique. Ces actions ont été conduites avec beaucoup de succès dans certains domaines, mais dans d’autres de nombreux efforts restent à être déployés.
Sur le plan économique et budgétaire, les efforts consentis ont suivi deux axes principaux: l’assainissement des finances publiques (limitation des ordres de paiement, renforcement du contrôle de la qualité de la dépense publique, amélioration des recettes et maîtrise des dépenses de l’Etat, etc.) ; et la redynamisation de la filière coton et de la restructuration de certaines sociétés d’Etat.
Sur le plan social, il s’agit de la mise en place du programme de micro crédit au plus pauvre à travers le Fonds national de la micro finance (FNM) et le Financement de la formation et emploi des jeunes et des femmes (Fonds national de la Promotion de la promotion de l’entrepreneuriat et de l’emploi des jeunes qui a pu financer, avec 5 milliards FCFA, environ 600 projets ayant généré près de 3 500 emplois ; Agence nationale pour l’emploi (ANPE) qui a pu former plus de 1200 jeunes en vue de leur insertion dans le marché économique national) ; l’amélioration des conditions de vie des agents permanents de l’Etat (environ 60 milliards FCFA investis) ; la réhabilitation d’hôpitaux et de centres de santé sur toute l’étendue du territoire ; d’importants investissements ont également été effectués dans le secteur de l’éducation ; la promotion du genre ;et la promotion du développement local avec la mise en place du Fonds d’appui au développement des communes (FADeC) et de l’adoption de la nouvelle Politique national de décentralisation et de déconcentration (PONADEC).
Sur le plan infrastructurel, de gros investissements ont également été faits : l’exécution de grands chantiers routiers d’un montant global estimé à plus de 70 milliards FCFA ; l’accroissement de la mobilité des personnes et des biens dans la ville de Cotonou ; le renforcement, la modernisation et le développement des infrastructures aéroportuaires…
Au total, environ 515 milliards de FCFA ont été investis jusqu’en 2008 par le gouvernement, avec un taux de croissance économique de 5%. Les recettes de l’Etat ont également été améliorées. Malgré ses avancées, le ministre Koukpaki indique ces efforts ne sont pas encore suffisants pour assurer à chaque béninois un bien-être social.

Le Bénin de demain
Selon le ministre en charge du développement et de la prospective, la caractéristique du Bénin de demain et celle affichée par la vision Bénin 2025 Alafia : « Le Bénin est, en 2025, un pays-phare, un pays bien gouverné, uni et de paix, à économie prospère et compétitive, de rayonnement culturel et de bien-être social ». Mais pour y parvenir, deux grandes étapes sont à franchir : devenir à l’horizon 2015, une plateforme de services et logistiques ; et devenir à l’horizon 2025 une plateforme régionale de services à valeur ajoutée. Aussi la stratégie mise en place pour atteindre l’objectif fixé est-elle fondée sur le développement de grappes de projets regroupés par pôles de développement (pôle Transport, service, logistique et commerce [pôle central] ; pôle Coton-textile ; pôle Agro-alimentaire ; pôle BTP et matériaux de construction ; pôle Culture, Tourisme et artisanat). En fonction de cela, des choix stratégiques ont été opérés.
Bernard HOUEHOUNDE

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