Manchette

Accidents de la circulation au Bénin:Des chiffres effarants

En dépit des nombreux efforts consentis pour faire baisser le taux des accidents dans notre pays, les chiffres continuent de monter. Des statistiques qui interpellent tous et appellent à une mobilisation des usagers de la route pour exorciser le mal.

Est-il permis d’espérer la baisse du taux d’accidents dans notre pays ? L’espoir n’est pas pour aujourd’hui, puisque d’année en année, les statistiques montrent une croissance du taux d’accidents. Et ce malgré les nombreuses séances de sensibilisation initiées par le Centre national de sécurité routière et la Police nationale.
Sur le plan national, au cours de l’année 1999, 4457 cas d’accidents au Bénin ont été enregistrés avec 3447 blessés et 492 personnes morts. Pour l’année 2000, le nombre de cas a connu une augmentation. 6528 cas d’accidents ont été dénombrés pour 4260 blessés et 538 personnes mortes.
Quatre ans après, en 2004, le nombre a connu une baisse avec 2964 sans pour autant voir le nombre de blessés diminué. 3312 blessés ont été enregistrés avec une hausse du nombre de morts qui a atteint 597 personnes. Pour l’année 2008, le nombre a encore augmenté pour atteindre 3867 avec 3622 blessés et 555 morts.
La ville de Cotonou, à elle seule, a connu en 2008, 2405 cas d’accidents avec 86 personnes décédées, 891 blessés graves et 707 blessés légers. La ville de Porto-Novo, quant à elle au cours de la même année, a enregistré 160 cas d’accidents dont 7 morts et 19 blessés graves. La troisième ville à statut particulier de notre pays n’est pas moins exempte de ce phénomène. Elle enregistre 11 décès sur un total de 140 accidents avec 59 blessés graves et 128 blessés légers pour la même année 2008.
Même si ces chiffres sont inquiétants quant à la croissance des cas d’accidents et surtout l’augmentation des cas de décès, Nestor Vitodegnin ne désespère pas. Pour lui, « les accidents de la circulation ne sont pas une fatalité, on pourrait les éviter… ».

Deen N. Imorou, chef brigade trafic urbain au Commissariat central de Cotonou: « Il faut penser à créer à long terme, beaucoup de carrefours dans la ville de Cotonou»

Officier de paix en service au commissariat central de la ville de Cotonou, le commandant Imorou Nourou Deen est chargé d’animer la brigade de la circulation. Rencontré, il revient sur les mesures à prendre pour réduire les accidents dans la ville.

Que faut-il faire pour limiter les cas d’accidents à Cotonou et dans notre pays?

Contre la vitesse, je pense qu’il faut commencer à envisager des solutions idoines comme cela se fait déjà dans d’autres pays. Dans ces pays, les fonctionnaires de police sont dans des véhicules banalisés et munis de radars. Parfois, les radars sont placés sur les tronçons et des axes bien déterminés. Ces radars captent les véhicules en excès de vitesse. Par exemple de Cotonou à Pahou, s’il faut faire 50 km/h, lorsque vous dépassez ces 50 km/h, votre véhicule apparaît sur le radar qui le signale au poste de police le plus proche pour que vous soyez arrêté. Dans les pays développés, ces radars flashent votre véhicule qui sera identifié par les services de police pour votre verbalisation. Pour les autres mesures, ce qui se fait actuellement à Cotonou, ce sont les descentes dans la circulation pour sensibiliser les usagers. Vous allez constater que parfois, nous travaillons avec les Ongs comme Alinagnon, Sécurité pour tous et le Cnsr afin de sensibiliser les usagers sur la nécessité de rouler doucement. Il faut aussi penser à doter certains carrefours, de feux tricolores. C’est le cas du carrefour « la mort », où il ne se passe pas un jour sans qu’il n’y ait de cas d’accident. Autre chose, pour éviter ou réduire les cas d’accidents, il faut penser à créer à long terme, beaucoup de carrefours dans la ville de Cotonou. Les carrefours obligent l’usager à ralentir. Il en est de même pour les cassis et les dos-d’âne.

A quand des sanctions fermes contre les usagers de la route qui violent le code de la route?

Nous mettons un accent particulier sur la sensibilisation. C’est d’ailleurs ce qui a été recommandé par les autorités policières. Pour le moment, nos descentes sont pour la plupart, axées sur la sensibilisation des usagers de la route. La répression viendra plus tard.

Un appel aux usagers de la route…

Je demande à mes concitoyens, usagers de nos routes de corriger et de revoir leur copie. Si nous voulons effectivement arriver à la diminution du taux d’accidents, de blessés et de morts sur nos routes, il faut que chacun se demande qu’est-ce que moi, je fais de mal et qui a besoin d’être corrigé.
Propos recueillis par Jesdias LIKPETE

Partager cet article Partager cet article

Discussion

Aucun commentaire pour “Accidents de la circulation au Bénin:Des chiffres effarants”

Poster un commentaire

Videos, Slideshows and Podcasts by Cincopa Wordpress Plugin