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Le Secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification (Unccd), Luc Gnacadja, a présenté aux participants d’Africités, le livre de plaidoyer de son organisation. Intitulé ‘’La Gouvernance territoriale et ses enjeux pour la gestion des ressources naturelles’’, cette publication prône une nouvelle gouvernance territoriale face aux enjeux écologiques.
« La crise globale qui interpelle les collectivités locales n’est pas qu’économique et financière. Elle est d’abord et surtout écologique ». C’est le sens de cette publication qui part du constat qu’en réalité, « ce n’est pas la planète qui est menacée mais les hommes qui y vivent ». C’est dès l’entame de son intervention que le secrétaire général adjoint des Nations Unies en charge de la lutte contre la désertification a annoncé le nouveau défi qui attend les élus locaux. « La crise écologique globale requiert une réponse concertée des partenaires et des Etats qui doivent cibler le niveau d’actions le plus pertinent, et à mon avis c’est au sein des collectivités locales qu’il faudra organiser la mise en œuvre des actions », a indiqué le conférencier. Après avoir peint un tableau sombre de la situation écologique du continent, Luc Gnacadja a indiqué que le développement doit s’appuyer sur les ressources naturelles locales. Malheureusement, l’Afrique qui n’a pas vraiment contribué à la dégradation de l’écologie mondiale est le continent qui a le moins bénéfice des fonds mis en place pour sa préservation. M. Gnacadja a souhaité que les collectivités locales africaines s’organisent pour soumettre des projets afin de mener des actions locales contre les préoccupations environnementales qui entravent le développement durable à la base. « Les procédures ne sont pas toujours simples mais il faut se mettre ensemble en intercommunalité, afin de les surmonter et relever le défi de l’écologie », a indiqué le conférencier qui attend beaucoup des élus locaux.
Nécessité d’une nouvelle gouvernance territoriale
La dégradation environnementale constitue l’une des principales cause de a crise globale. Et selon la publication de l’UNCCD, la gestion responsable du territoire est considérée comme la clé du combat contre la désertification et la dégradation des terres et des eaux. En effet, les techniques culturales utilisées jusque-là et les effets combinés du changement climatiques, ont engendré la dégradation des terres ainsi que leur baisse de fertilité. Selon cette étude, la perte de potentiel productif, due à l’érosion est équivalente à 20 tonnes de céréales par an, et « à l’échelle mondiale, l’exploitation des sols agricoles excède de plus en plus la capacité de régénération naturelle des écosystèmes, ce qui menace la productivité à long terme ». La pression démographique et la déforestation, la mauvaise occupation des sols, l’accaparement des terres par les grandes entreprises, etc. sont autant d’autres facteurs que les pays en développement ont du mal à maîtriser, et face auxquels il leur est impérieux de prendre des dispositions au plus vite.
A cet effet, l’’impulsion du processus de la prise de décision, selon Luc Gnacadja, incombe en grande partie aux collectivités locales. Il s’agit de réorganiser l’occupation des sols en mettant au centre des préoccupions la durabilité des ressources naturelles, de mettre l’accent sur une nouvelle forme de gouvernance territoriale qui est un processus fondé sur une mobilisation progressive des acteurs. Un « processus participatif et fédérateur qui pend en compte toutes les ressources de l’espace territorial et toutes les interactions aussi bien rurales qu’urbaines ». C’est une décision politique qui relève des responsables des communes et dont la mise en œuvre favorisera le développement durable des différentes localités et relancera l’économie. Mais pour en arriver là, il faut des actions collectives.
Bernard HOUEHOUNDE
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