Manchette

Après Africités 5: Des propositions pour l’approfondissement des politiques de décentralisation

Aussitôt les travaux de la cinquième édition d’Africités terminés, les participants même satisfaits, ambitionnent de voir le prochain sommet mieux organisé. A la faveur d’une conférence de presse, des propositions pertinentes sont retenues pour consolider les acquis.

Les conférenciers s’assignent comme premiers défis majeurs pour la 6e édition, la participation effective de toutes les Associations des pouvoirs locaux (Apl). Car, volontairement 6 d’entres elles n’étaient pas au rendez-vous du fait de la crise que traverse Cités et gouvernements locaux unis africains (Cglua). D’importantes propositions porteuses ont été faites dans ce sens pour s’assurer de la présence de toutes les APL au prochain sommet.
Les Ministres, après avoir discuté de la note introductive sur la décentralisation et le développement local en Afrique, et examiné la synthèse des recommandations confirment la rencontre de la Caddel en 2010. Déjà, le président plaide pour un renforcement de la décentralisation, et des rapports plus étroits entre les gouvernements locaux et nationaux. Quant au Ministre marocain de l’Intérieur, il a lancé un vibrant appel à la création d’un Fonds pour la coopération décentralisée interafricaine, et la formation des élus locaux et régionaux. Les conférenciers pensent approfondir les réflexions pour plus d’ancrage dans le processus de la décentralisation. Un processus dans lequel, tous les pays se sont engagés et qui est devenu aujourd’hui un véritable paradigme africain. Lors des délibérations des différentes commissions, il a été largement souligné que pour une décentralisation vraiment opérationnelle, c’est-à-dire une décentralisation qui bénéficie non seulement d’un transfert de prérogatives, de ressources et de pouvoir, il est indispensable qu’il y ait des élites locales. Ce qui suppose évidemment que l’accompagnement de l’Etat devienne un passage obligé et tout à fait indispensable. Et, c’est pourquoi les participants ont décidé de la création d’un Centre d’appui aux collectivités locales, qui aura pour mission de faire non seulement le renforcement des capacités et la formation permanente, mais aussi la diffusion de ce qu’on appelle les « success stories » et des pratiques de bonne gouvernance. De ce qui ressort toujours des réflexions, on retient essentiellement que les collectivités locales et les gouvernements centraux doivent travailler en synergie et en parfaite harmonie. Les deux pouvoirs qui sont tous des pouvoirs publics, ne doivent pas être opposés. De l’avis des conférenciers, ce serait une erreur de tenter de les opposer au risque de les fragiliser.

Place à une réorganisation de la fiscalité

Dans le cadre de la fiscalité, les collectivités locales et gouvernements centraux évoluent dans un environnement en défaveur de la fiscalité de porte. Les accords de Dowa plafonnent à 15% maximum les droits de douane à l’horizon 2020. Or dans beaucoup de pays, les droits de douanes constituent encore une part importante des ressources. Si on doit passer à une fiscalité assise sur l’économie, alors probablement les collectivités locales doivent travailler main dans la main, avec l’Etat, pour assurer un prélèvement plus dynamisant pour l’économie, mais aussi le plus efficace possible pour la dépense publique. Ainsi, si on ne change pas l’organisation de la fiscalité, au niveau local et national d’ici 2020, des plaintes seront encore enregistrés malgré l’accord de Dowa. Les collectivités locales et les Etats sont en effet liés pour entreprendre une reforme profonde de la fiscalité et de la dépense publiques. Notons que le prochain sommet aura lieu à Dakar du 4 au 9 décembre 2012. Les thèmes probables sont : environnement et changement climatique ; population et territoire ; population et productions, mobiliser les acteurs économiques et cultures et citoyenneté. Un des thèmes transversaux possible serait : population, territoires, développement.
Armel C. FAHINDE

Encadré : 5e Sommet Africités en chiffres- Nombre de participants détenteurs d’un badge : environ 3500
- Nombre de pays : 72
- Nombre de pays africains : 47
- Nombre d’élus locaux et régionaux : environ 1600
- Nombre de maires et premiers adjoints : 400
- Nombre de Ministres : 34
- Nombre d’Associations de pouvoirs locaux représentés : 40
- Nombre d’exposants de Citexpo : 197
- Nombre d’accords de coopération signés entre municipalités africaines : 44
- Nombre de journalistes : 210

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Discussion

Un commentaire pour “Après Africités 5: Des propositions pour l’approfondissement des politiques de décentralisation”

  1. Bonjour,
    Je suis en finition de thèse en droit public et enseignant-chercheur à l’Université de N’Djaména au Tchad. Mon travail porte sur le thème : « coopération décentralisée, vecteur d’intégration communautaire… ». La coopération décentralisée intra-africaine est un moyen très efficace pour impulser l’intégration communautaire. Pour cela, lors des prochaines Africités, je vous exhorte de développer davantage ce thème qui, à mon avis, peut permettre aux collectivités territoriales africaines de s’impliquer dans les processus d’intégration sous-régionale, régionale et continentale.
    Je suis très disposé d’apporter mes contributions dans ce sens.
    Merci à vous

    Posté par YEDJIBAYE YEMINGAR | mars 2, 2010, 8:49

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