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« … La mondialisation, quoiqu’on dise, comporte de grands avantages. Malheureusement, il est indéniable que l’Afrique n’a point bénéficié de ces avantages et qu’au contraire, elle est devenue plus que dépendante du monde développé et ce, au grand dam des populations. Mesdames et Messieurs, aussi triste que cela puisse paraître, ces opportunités d’investissement n’ont pas profité à la majorité de nos populations du fait des parasites économiques et politiques qui se retrouvent à la tête de nos pays. »
« … La corruption est réelle et si nous ne tenons pas compte de cet important facteur d’échec dont l’Afrique est victime lors de nos délibérations des prochains jours et si, dans le même temps, nous nous contentons seulement d’une approche scientifique pour la résolution de la crise mondiale sur l’Afrique, nous ne rendrons pas service à notre continent. La corruption est un frein important à tout processus de développement dans lequel notre continent pourrait s’engager. Certains d’entre nous ont mis au point une culture d’impunité qui leur permet d’utiliser toutes sortes de méthodes pour voler les ressources de nos pays. Si nous ne pouvons pas améliorer notre classement à l’indice de corruption chaque année, sur quelle base devons-nous nous plaindre des effets négatifs de la crise économique mondiale? …»
« …Les pays en voie de développement ont besoin d’un leadership politique, traditionnel, judiciaire courageux et suffisamment ferme et dédié à la promotion sociale de leurs peuples. La décentralisation est un système de délégation de pouvoirs qui remporte le respect et la confiance des populations qui nous ont choisis comme leurs leaders. La décentralisation permet aux gouvernements de partager leurs problèmes avec le commun des mortels. C’est ce qui a été structuré et porté au rang de ce que nous appelons collectivités locales. Tout devrait être fait pour encourager les collectivités locales. Elles partagent les problèmes du pouvoir central avec les populations, démystifient ce qu’est la gouvernance et met les peuples au contact des problèmes auxquels l’Etat fait face. De nombreux exemples existent à travers le continent au sujet de ces gouvernements qui imposent de soi-disant projets de développement sur leurs peuples alors que les priorités des localités qu’ils gèrent sont complètement différentes. Au milieu des années 70, un gouvernement au Ghana a dépensé des ressources difficilement engrangées pour bâtir un mur d’enceinte de stade alors qu’à la même époque, des facilités médicales étaient la priorité pour les habitants de ce quartier. N’ayons pas peur de l’autonomisation de nos populations. Lorsque nous appliquons la décentralisation de manière adéquate, il crée un climat sain de développement parce que les gens ordinaires revendiquent la propriété des politiques, projets et programmes, et sont prêts à digérer les échecs avec le gouvernement. Combien de gouvernements ne se débattent pas avec les exercices coûteux de relations publiques pour convaincre les gens avec toutes sortes d’excuses au sujet des projets qui ont échoué ? Si la décision de mettre en œuvre ces projets n’a pas été prise dans une approche top-down (du haut vers le bas), mais dans un dialogue avec les collectivités locales, il n’y aurait besoin de gaspiller les ressources limitées pour protéger la réputation d’un gouvernement. »
« …J’exhorte tous les participants à ce sommet à débattre sérieusement de la crise que connaît le continent et lance instamment un appel à nos dirigeants nationaux à adopter et mettre en œuvre les mesures qui sortiront de ce sommet….
Je vous remercie.»
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