Environnement

Selon l’étude de la SNV:Le biogaz au Bénin, c’est possible !

Au terme de l’étude de faisabilité, les résultats démontrent au niveau des communes ciblées que la production du biogaz est possible. Seulement, des contraintes liées aux aspects socioculturels doivent être levées et les ménages d’agro-éleveurs devront mener des activités économiques afin de faire face aux coûts d’installation des digesteurs.
Trois éléments ont été choisis pour apprécier la faisabilité technique de la production du biogaz. Il s’agit de la disponibilité et de l’accessibilité des déjections, la disponibilité permanente et l’accessibilité de l’eau, la disponibilité des équipements pour la construction des digesteurs.
Dans les 8 communes ciblées, l’étude révèle l’importance du poids démographique de l’espèce « bovine » au niveau des ménages surtout dans les communes de Savalou, Gogounou, Banikoara, Nikki et Kalalé. Les communes de Ouidah, et de Zè détiennent le fort taux d’effectif en élevage de porcin. Face à la transhumance qui pourrait constituer un handicap parce qu’étant le mode d’élevage de l’espèce bovine dans le nord, l’étude mentionne que la culture attelée reste un atout. Dans le sud, les ménages agro-éleveurs enquêtés s’adonnent à un élevage de type moderne concernant le porc et la volaille. Ainsi, de façon générale, les déjections, matières premières de la production de biogaz sont disponibles au niveau des communes cibles.
L’eau étant un input important dans le processus de production, l’étude a visité les différentes communes pour apprécier leur niveau d’accessibilité à une source d’eau permanente non loin du ménage (inférieur à 1 km). L’intrant eau est disponible dans les communes et mieux, il est proche dans la plupart des ménages. En ce qui concerne, le troisième élément relatif à la disponibilité des équipements pour la construction des digesteurs, l’étude renseigne que non seulement ces équipements existent dans les collectivités locales mais aussi les artisans locaux (maçon, soudeur, fondeur, plombier…) sont disponibles. La faisabilité technique prouvée, l’étude s’est intéressée aux faisabilités socioculturelle, économique et environnementale.

De la faisabilité socio-économique et environnementale

La cohésion sociale et la solidarité agissante au niveau des ménages d’agro-éleveurs notamment dans les communes de Nikki, Kalalé et Gogounou et, dans une moindre mesure, à Savalou constituent un point fort qui dénote d’une faisabilité sociale. Au niveau culturel, l’utilisation du biogaz est acceptée surtout que la manipulation des déjections n’est pas nouvelle.
Au niveau de la faisabilité économique, les indicateurs ne sont pas bons. Car, les revenus des ménages sont encore faibles (250.000 FCFA par an). Mais, vu les dépenses en énergie pour la cuisson et l’éclairage, le biogaz pourrait être une opportunité pour les réduire. Ainsi, au plan économique, la production du biogaz est faisable dans le sens où elle permettra la réduction des dépenses des ménages et par là même augmentera leur pouvoir d’achat.
Au niveau de la faisabilité environnementale, l’étude révèle que la production du biogaz en tant que solution au problème énergétique est un bon moyen de faire face aux problèmes environnementaux.
C’est par exemple, la réduction de la pression sur le couvert végétal puisque les ménages utilisent le bois-énergie. De même, la récupération des déjections reste une solution à la pollution et ainsi, constitue un moyen de réduction des maladies hydriques.
Les substrats du digesteur, étant des fertilisants du sol, la production du biogaz est aussi un moyen de production d’engrais organiques. Ce qui permet de réduire les risques de pollution et surtout ceux de l’utilisation des engrais chimiques très forte dans les communes où la production du coton est dominante notamment à Banikoara, Nikki ou Kalalé. En plus, parce qu’il brûle sans fumée, le biogaz est un moyen de réduction de la pollution de l’air, les gaz à effet de serre.
Au total, l’étude aura permis de montrer toute la pertinence de la faisabilité du biogaz dans tous ses aspects. Pour mieux apprécier les spécificités de chaque localité, le document de l’étude présente pour chaque commune, un tableau présentant les atouts et faiblesses.
La phase de la faisabilité étant terminée, il reste que les acteurs et institutions potentielles identifiées dans le cadre de l’étude, se donnent la main pour passer à l’action tant la matière première est disponible et le contexte bien favorable.

A.T.

Encadré: Les recommandations de l’étude

Après l’analyse et l’interprétation des résultats d’étude, les recommandations suivantes ont été formulées :

1. Conduire une expérience pilote sur le biogaz domestique avant l’étape de vulgarisation dans certains ménages des communes de Gogounou, Nikki, Savalou, Abomey-Calavi, Banikoara, et Kalalé. En effet, les ménages à choisir auront au moins 5 têtes de l’espèce bovine qui passent la nuit en enclos ou au moins 400 têtes de volailles en aviculture moderne vivant en claustration. Leur revenu annuel doit être supérieur à 250.000 F CFA.

2. Choisir aux ménages le type de digesteur qui leur convient : En effet, il existe deux types de digesteurs (continu et discontinu) et plusieurs modèles (chinois, indien, …) ; or dans les analyses en annexe, c’est le modèle chinois (digesteur à dôme fixe) plus facile et moins coûteux qui est indexé.

3. Impliquer les acteurs potentiels dans la mise en œuvre du programme de production de biogaz domestique. La liste éventuelle de ces acteurs est présentée dans le présent document.

4. Faire un plaidoyer à l’endroit des autorités communales pour la prise en compte de la production du biogaz domestique dans leur plan de développement communal ;

5. Elaborer un programme de sensibilisation et de formation du marché viable (ménages agro-éleveurs, les artisans locaux, les prestataires de service en matière de biogaz domestique, les acteurs potentiels, etc.), sur les objectifs, les activités, les résultats du programme de production du biogaz domestique ;

6. Faire un plaidoyer auprès de l’Etat et/ou des Partenaires techniques et financiers pour que soient accordés des crédits sur la base de fonds de garantie et subventions aux ménages éligibles ayant manifesté l’intérêt ;

7. Renforcer les programmes d’eau et d’assainissement au sein des communes ;

8. Doter le secteur de l’énergie d’un cadre juridique et règlementaire aux fins d’une meilleure gestion du biogaz domestique ;

9. Susciter l’adhésion des communes, de l’Etat et/ou des Partenaires techniques et financiers pour la facilitation de l’accès au crédit en vue de la promotion du biogaz domestique ;

10. Penser à l’implantation des digesteurs dans une logique de production intégrée pour la valorisation des résidus de production de gaz ;

11. Faire une étude sur la faisabilité organisationnelle du biogaz domestique au Bénin afin de choisir le Entreprises qui seront leaders dans le domaine.

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