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Les acteurs de l’eau ont été conviés à l’atelier de validation du Libre Bleu du Bénin le vendredi 30 janvier 2009 à

Les membres du présidium à l'ouverture de l'atelier
l’Infosec de Cotonou. Organisé par le consortium de partenaires constitué du Partenariat national de l’eau du Bénin (PNE-Bénin), du Partenariat pour le Développement Municipal (PDM), de l’ONG Protos-Bénin et le Secrétariat International de l’eau (SIE), l’atelier a permis de doter le Bénin d’un document de référence sur les défis et les actions à mener pour assurer un accès équitable et durable de tous à l’eau et à l’assainissement. Le processus se poursuivra avec de nombreuses actions qui devront déboucher sur des mesures idoines pour une meilleure gouvernance du secteur et ainsi, permettre au Bénin d’être au rendez-vous des OMD en 2015.
A l’ouverture de cet atelier qui a mobilisé un impressionnant parterre d’acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement venus de toutes les contrées du Bénin, le Président du Comité de pilotage, Aurélien Houessou a situé le contexte de la réalisation de ce document. Il fait suite à la réunion de l’Assemblée mondiale des sages de l’eau à Kyoto en 2003 en marge du troisième forum mondial de l’eau. «Le Livre Bleu s’identifie à un nouvel outil d’auto analyse initié par les Partenaires du nord et du sud organisées autour du Secrétariat international de l’eau (SIE)», a-t-il signifié. Il ajoute qu’il répond aux principes d’objectivités, d’indépendance, de participation, de représentation et d’originalité pour évaluer l’amélioration de l’accès à l’eau et l’assainissement. Il s’est félicité de l’adhésion et de l’engagement du gouvernement dans ce processus novateur qui offre à notre pays, «un précieux document de référence pour appuyer les changements juridique, institutionnel, technique et organisationnel pour l’avancement des réformes dans le secteur».
Dans son intervention, le représentant du Secrétariat international de l’eau, Self Lambrecht n’a pas caché sa satisfaction de constater que le Bénin a réalisé d’importants progrès. Il a cité la réussite de l’approche Budget Programme par Objectifs (BPO), l’avancement dans l’approvisionnement en eau potable surtout en milieu rural, le dialogue avec les différents acteurs, l’élaboration des documents de politique et de stratégie…
Mais, il convient d’aller plus loin. Et le Libre Bleu apparaît, pour lui, comme une démarche à la fois «innovatrice et provocatrice» par la mobilisation de tous les acteurs qu’il permet, les défis du secteur qu’il relève et les approches de solution qu’il propose. A ce titre, le Libre Bleu contribue à l’atteinte des OMD dans le secteur de l’eau et de l’assainissement a reconnu le directeur de cabinet du ministre en charge de l’eau, Marius Hounkpati. C’est pourquoi, il a signifié tout l’attachement du gouvernement à travers le ministère de l’eau à cette initiative.
Un intérêt manifeste des acteurs
Les vifs échanges qui ont succédé la présentation de la synthèse du document par les consultants, ont été un témoignage vivant de toute l’importance qu’accorde les acteurs du secteur au processus. Tous ont été unanimes pour reconnaître que des disparités existent dans l’accès des populations à l’eau et à l’assainissement. De même, ils déplorent le manque de couverture de la périphérie urbaine par la SONEB. Une situation à l’origine de l’émergence inquiétante des Points d’eau privés qui viennent combler le vide d’un manque d’accès des populations à l’eau. Même si cette situation a des conséquences néfastes en matière de qualité de l’eau, leur importance a été soulignée par les acteurs qui proposent un partenariat avec les structures en charge de l’eau pour assurer un bon traitement de l’eau. Mais, en dehors des Points d’eau privés, la question des puits traditionnels ou des citernes d’eau qui ne garantissent pas toujours la qualité de l’eau a été relevée par les acteurs qui n’ont pas caché leurs inquiétudes relatives à l’atteinte des OMD. Il faut se garder d’un optimisme béat pour faire face aux défis réels comme par exemple, la non consommation des crédits alloués au secteur de l’eau, le non transfert des ressources aux communes, la protection des forages…
Pour enrichir le document, les acteurs ont fait des observations pertinentes dans le secteur de l’eau. Surtout au niveau de l’assainissement, ils ont reproché au document d’avoir parfois esquivé quelques aspects. Une situation déplorable, a reconnu le consultant Jean Malomon Yadouléton qui a relevé la pénible collaboration avec la Direction de l’hygiène et de l’assainissement de base (DHAB) dans la collecte des données parfois non disponibles. Néanmoins, le document a été validé sous réserve des observations que le Comité s’est engagé à intégrer pour offrir à notre pays son Livre Bleu à l’instar du Niger ou du Mali qui ont précédé le Bénin dans cette initiative indépendante et citoyenne.
Secteur de l’eau et de l’assainissement : Les grands défis et chantiers du Livre Bleu
Avec la validation du Livre Bleu par les acteurs du secteur de l’eau et l’assainissement, commence, pour les acteurs de l’eau, un véritable champ d’actions de lobbying et de plaidoyer. Ceci pour la mise en œuvre des pistes d’actions pertinentes pour lever les goulots d’étranglement qui freinent la marche inéluctable du Bénin vers les OMD. Mais, avant, ils se proposent une large appropriation du document pour sonner la mobilisation et provoquer des réformes salvatrices pour un accès équitable et durable de tous à l’eau et à l’assainissement.
Le document du Livre Bleu est accompagné d’une plaquette qui synthétise tout le contenu du document. Cette plaquette présentée par Self Lambrecht sera l’outil de plaidoyer au plan international et national pour faciliter une meilleure connaissance des défis à relever et des actions inscrites sous forme de chantiers à mettre en œuvre pour permettre au Bénin, d’être au rendez-vous de 2015. Ainsi, il comporte le diagnostic du cadre politique et institutionnel, le point des efforts fournis pour l’accès à l’eau et à l’assainissement, renseigne sur le financement nécessaire pour atteindre les OMD.
Les 6 grands défis qu’il énumère sont relatifs à l’accès plus équitable aux services de base, la promotion d’une culture et des mécanismes de bonne gouvernance aux niveaux local et national, la poursuite de la politique de renforcement des collectivités locales dans leur rôle de maître d’ouvrage, l’importance à accorder au secteur de l’hygiène et de l’assainissement qui demeure dans la léthargie, l’augmentation de la capacité à absorber les financements complémentaires et la définition et la mise en œuvre d’une politique de gestion intégrée des ressources en eau. La plaquette a retenu douze chantiers pour faire face à ces défis afin de révolutionner le secteur de l’eau et de l’assainissement en permettant à tous les Béninois d’avoir un accès durable à l’eau.
Les douze chantiers du Livre Bleu
Axe 1 : Chantier « équité»
1- Orienter l’investissement vers les localités sous-équipées
L’approche par la demande n’est valable que lorsque les communautés peuvent accéder au circuit de formulation de la demande, ce qui n’est pas le cas des localités trop petites ou trop isolées. Il est donc indispensable de tout faire pour donner la priorité aux localités les plus isolées, et en tout premier lieu celles qui n’ont p s de point d’eau, en y identifiant précisément quels sont les demandes au moyen d’une approche programmatique conduite par le niveau local.
2- Promouvoir massivement l’accès aux branchements individuels
L’accès à l’eau pour tous passe aussi par le développement du niveau de service le plu élevé pour « eau potable les branchements à domicile. Ce chantier concerne aussi bien les zones urbaines placées sous la responsabilité de la SONEB que les petites villes où les réseaux AEP doivent se multiplier rapidement, pour suivre la forte croissance démographique,
3- Développer l’accès crans les zones périurbaines
La SONEB doit accélérer l’extension de son réseau de distribution dans les zones périurbaines actuellement non desservies, y compris dans les, zones d’habitat informel et/ou illégal. Ce vaste chantier doit être mise en œuvre avec l’appui du secteur privé local, des associations d’usagers et des communes concernées.
4- Mettre en avant l’hygiène et l’assainissement
L’accès à un assainissement récent pour tous doit être déclaré priorité nationale pour les années à venir. Cette priorité doit se refléter dans les budgets nationaux consacrés à l’hygiène et l’assainissement. L’approche doit être repensée pour mettre le niveau local au centre du processus, autour des questions de promotion des services d’assainissement et de changement de comportement.
Axe 2 : Chantier « gouvernance »
5- Renforcer la maîtrise d’ouvrage communale
Le transfert de responsabilités de l’Etat vers les communes doit faire l’objet d’un processus et d’un calendrier. La politique sectorielle doit être territorialisée et les communes doivent recevoir tous les outils nécessaires pour exercer leur fonction de maîtres d’ouvrage et de planificatrices. Les économies d’échelle doivent être cherchées au niveau intercommunal.
6- Mieux connaître et mieux gérer la ressource en eau
Trois directions de travail doivent être explorées en parallèle: l’expérimentation de mécanismes de partage et de protection de la ressource au niveau local: l’amélioration de la connaissance scientifique de la ressource en eau et de son monitoring; l’adaptation du cadre législatif aux principes de la gestion intégrée des ressources en eau.
7- Organiser la société civile pour une meilleure implication
La société civile doit prendre une plus grande part dans les décisions qui sont prises au niveau sectoriel. Pour cela, les organisations qui composent la société civile doivent être renforcées, mais surtout organisées pour être mieux représentées dans les cadres de conciliation qui existent aux niveaux départemental et national.
8- Lutter contre toute fon ne de corruption
Le secteur de l’eau potable et de l’assainissement paie un lourd tribut à la corruption, que ce soit au niveau des marchés publics ou dans le quotidien, dans les relations entre les fournisseurs de service et leurs clients. L’opinion publique doit être sensibilisée et le changement dl pratique encouragé dans toutes les institutions, publiques comme privées, gouvernementales comme non gouvernementales. Il s’agit également de promouvoir la transparence dans la passation des marchés publics et l’obligation de compte rendu annuel de la part des exploitants des services d’eau.
Axe 3 : Chantier « performance»
9- Augmenter la part de financement public
L’augmentation des engagements financiers des partenaires extérieurs doit se faire en parallèle avec une montée en puissance des financements publics nationaux et de leur meilleure répartition entre eau et assainissement mais aussi entre Investissement et fonctionnement. Cette augmentation concerne l’Etat comme les communes.
10- Rendre l’exécution budgétaire encore plus performante
Le circuit da la dépense publique peut encore être fluidifié. Il existe une marge do progression non négligeable dans le traitement des dossiers, dans la passation des marchés publics et le suivi de leur exécution, dans le paiement rapide des entreprises et fournisseurs. Cet effort concerne autant l’Etat que les ONG et les communes.
11- Professionnaliser les métiers de l’eau et de l’assainissement
Le secteur de l’eau et de l’assainissement a besoin de davantage d’opérateurs, mieux formés et en mesure de relever les défis qui se posent à l’ensemble du secteur. De nouveaux métiers sont à définir et à accompagner dans leur développement. La gestion du service de l’eau dans les petites villes doit notamment être plus professionnelle.
12- Mettre en cohérence le système de suivi-évaluation sectoriel
Un système de suivi-évaluation cohérent au niveau sectoriel reste encore à construire. En milieu rural, la Banque de Données Intégrées doit être améliorée pour mieux mettre en évidence les inégalités locales et devenir un véritable outil de programmation communal. Par ailleurs, l’ensemble des sous-secteurs doit être intégré au sein du même outil.
Réalisé par Alain TOSSOUNON
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